Val-de-Marne : le défenseur des animaux refuse de rendre la chienne Léa

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Une procédure pour maltraitance a été classée sans suite par le parquet de Créteil mais Stéphane Lamart s’oppose à la restitution de l’animal à son propriétaire.

Faut-il priver Léa de sa nouvelle vie ? Pour Stéphane Lamart la réponse est claire : c’est non. Le protecteur des animaux refuse la restitution à son propriétaire de cette chienne saisie dans un appartement de Chevilly-Larue début décembre. Un labrador croisé avec un boxer laissé seul trois jours dans une cage sans nourriture.

« Cette chienne ne sera pas rendue », résume Stéphane Lamart qui s’y oppose envers et contre tout. Y compris contre l’avis du parquet de Créteil qui a classé sans suite ce dossier estimant que la maltraitance était « insuffisamment caractérisée ». C’est d’ailleurs ce qui va bientôt lui valoir d’être entendu librement par un magistrat pour « abus de confiance ».

Dans une cage sans eau et sans nourriture

Le 8 décembre, cela faisait trois jours que cette chienne « hurlait à la mort » d’après des voisins lorsque pompiers, et policiers de L’Haÿ-les-Roses sont intervenus, contraints de briser une fenêtre pour pénétrer dans le logement. Léa qui ne s’appelle pas encore Léa est découverte dans une petite cage où ne se trouve ni eau ni nourriture. Seulement ses excréments.



L’association Stéphane Lamart – Pour la défense des droits des animaux est sollicitée par la police sur un avis du parquet pour la prendre en charge. La vétérinaire qui a eu à examiner Léa décrit « des cicatrices dues à des frottements ou suite à un couchage dans un lieu souillé ». Elle est « craintive mais non agressive » et semble « terrorisée à la vue d’une cage ». Et de préconiser un placement en famille d’accueil pour une « bonne récupération psychologique ».

Le parquet ordonne sa restitution

C’est ainsi que Léa a pris sa place dans un foyer du Calvados. « Une famille avec des enfants qui lui fait faire des balades au bord de la mer », raconte Stéphane Lamart, évoquant des gens « catastrophés » à l’idée que la chienne puisse les quitter. D’après nos informations, son propriétaire aurait exprimé le souhait de la récupérer.

Pour Stéphane Lamart, les « mauvaises conditions de détention » de l’animal, constatées par la police, sont pourtant « indiscutables ». Le défenseur des animaux assure que le fait de restituer un animal « doit venir d’un tribunal et non d’un magistrat », s’appuyant sur un article du code pénal. Inexact, d’après une source judiciaire. « Quand une procédure est classée sans suite, c’est que le parquet décide de ne pas saisir de tribunal ».

C’est donc le ministère public qui ordonne la restitution « des objets ou animaux saisis ». Et la refuser est considéré comme une infraction. Stéphane Lamart dont l’association a déposé plainte avec constitution de partie civile envisage désormais de faire comparaître le propriétaire en citation directe : « S’il le faut, j’irai moi-même au charbon ».

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