Son père perd tout dans les inondations de l’Aude, Canal + refuse de résilier son abonnement

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Le père de Bruno Rajaona, à gauche, lors de son évacuation

Comment Twitter a fait plier Canal +. Il aura fallu la mobilisation massive des réseaux sociaux pour que le groupe accepte de résilier l’abonnement d’un habitant de Trèbes de 84 ans dont la télévision, comme le reste, est partie à la benne après les inondations du 14 et 15 octobre dernier.

Le père de Bruno Rajaona, à gauche, lors de son évacuation



« Nous avons enregistré la résiliation de votre abonnement pour la fin du mois et vous remercions de la confiance que vous nous avez témoignée ». Ce mail envoyé par le groupe de télévision Canal, Bruno Rajaona a bien cru qu’il ne le recevrait jamais. Entre le 14 et le 15 octobre, son père, 84 ans, qui habite Trèbes, est durement touché par les dramatiques inondations qui frappent l’Aude et font quatorze morts. « Avec 1,60 m d’eau au rez-de-chaussée, il a fallu tout jeter, télévision comprise ».

À deux jours près, pas de résiliation

Problème, au moment de procéder à la résiliation de l’abonnement souscrit par son père contre 85 € par mois, Bruno Rajaona se heurte à un refus catégorique. Pour l’opérateur, il n’est pas possible de résilier après la date anniversaire, qui est alors dépassée de… deux petits jours.
« Je venais de passer une journée à me battre avec les démarches administratives, je voyais autour de moi tous ces gens qui avaient tout perdu… J’étais en colère ! », explique le Trébéen d’origine, aujourd’hui installé à Lyon, qui décide pousser un coup de gueule sur Twitter. Son message sera lu plus de 45 000 fois par les internautes, qui interpellent en masse le diffuseur via le réseau social.

« Le réveil risque d’être difficile »
Stratégie payante. Ce mercredi, il reçoit un mail lui confirmant la résiliation du contrat à compter du 1er novembre. « Cet emballement, c’est vraiment impressionnant à vivre mais la finalité montre que les réseaux sociaux ont aussi du bon. J’ai retrouvé les mêmes témoignages de soutien que dans les rues de Trèbes, le lendemain des intempéries. L’important, c’est que tous les opérateurs prennent conscience de la situation de leurs clients dans la zone sinistrée. Je me suis occupé de résilier tous les contrats de mes parents, cela n’a peut-être pas été le cas pour tous. Le réveil risque d’être difficile… »




Les parents de Bruno Rajaona ont, eux, été relogés par la ville de Trèbes dans un espace d’accueil pour seniors moins de sept jours après les inondations. Le soir du 15 octobre, ils ont pu échanger avec le Premier ministre Édouard Philippe. Ils attendent désormais des actes, après les mots.

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