Seine-et-Marne : la fillette brûlée dans l’attaque de l’épicerie toujours dans un état critique

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A Pringy, tandis que la fille du gérant grièvement brûlée reste hospitalisée dans un état critique, la solidarité s’organise autour de la famille de l’épicier attaqué aux cocktails Molotov.

Pourquoi ? C’est la question qui taraude les enquêteurs de la police judiciaire de Melun après le drame survenu dans la nuit de vendredi à samedi dans l’épicerie Proxy, à Pringy, près de Melun (Seine-et-Marne). Ce lundi matin, le gérant a déposé plainte contre X.

Vers 0 h 50, deux hommes cagoulés sont entrés dans le commerce qui ferme tard dans la nuit le week-end et ont lancé deux cocktails Molotov en direction du comptoir où se trouvaient l’épicier, sa fille de 7 ans, et un client. La petite Anaïs a été touchée de plein fouet par l’essence enflammée. Brûlée entre 70 et 80%, au visage et sur les membres supérieurs, elle est toujours soignée à l’hôpital pédiatrique Armand-Trousseau à Paris (XIIe). Son état reste critique. Son pronostic vital est engagé.

Son père a été brûlé à une main en lui portant secours. La troisième victime souffre du même type de blessures. Elle a été transportée à l’hôpital de Melun. Ce lundi, les auditions se sont multipliées à la Police judiciaire de Melun.

Difficile de connaître le mobile de cette violente agression chez ce commerçant, un Français d’origine indienne, de 36 ans qui a repris ce commerce depuis un mois et demi seulement. Il vit à l’étage, au-dessus de l’épicerie, avec son épouse et leurs trois filles âgées de 10, 7 et 2 ans. «Depuis six mois, un arrêté du maire interdit la vente d‘alcool après 22 heures. Il le respecte. Selon une dame que j’ai entendue, il a peut-être refusé de servir un client…», s’interroge Alexandre. Ce voisin se souvient : « Un soir, il a dû utiliser une bombe au poivre [NDLR : gaz lacrymogène] pour faire sortir des gens qui demandaient de l’alcool et qui étaient un peu chauds… »

Pour le maire de cette commune de 3000 habitants, Eric Bonnomet (SE), «le mobile peut être tout et n’importe quoi. L’alcool, un vol, la concurrence… » L’élu est choqué par la gravité des blessures de la fillette. « Brûlée à plus de 70% , c’est beaucoup. Je souhaite qu’elle s’en sorte », souffle celui qui est aussi pompier professionnel.

Le voisinage est sous le choc. « Ce sont des gens charmants, victimes d’une méchanceté gratuite », soupire Laure. Alexandre espère vraiment que la police arrêtera les coupables. « Le gérant le mérite, il est gentil comme tout, très carré. C’est un bosseur. En plus il ouvre tard pour rendre service aux gens. Et voilà comment il est remercié… »

Dans la commune, la solidarité s’organise depuis le drame. Virginie, une amie de la famille, a lancé ce lundi une cagnotte Leetchi qui recueillait 32 dons dans la soirée mais dont le montant restait caché. « Je veux les aider, ce sont des personnes très gentilles. Je ne leur connais franchement pas d’ennemis », assure-t-elle. Cette amie a bien connu le gérant et sa famille quand ils résidaient à Savigny-le-Temple. «Avant, il travaillait dans la sécurité. Il a voulu refaire sa vie. Ceux qui ont fait ça ont détruit sa vie familiale et professionnelle », soupire-t-elle.

Réactif, le maire de Pringy a joint lundi ses collègues de Savigny et Nandy pour trouver un nouveau toit à la famille meurtrie. Selon l’élu, « les parents d’élèves de l’école élémentaire où sont inscrites les deux grandes filles du gérant veulent aussi créer une cagnotte de soutien aux parents d’Anaïs ». De son côté, la commune les aidera via le Centre communal d’action sociale (CCAS) en finançant les allers-retours des parents vers l’hôpital parisien.

Vous pouvez aider la famille sur https://www.leetchi.com/c/tous-pour-anais

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