Sécurité routière : les radars privés débarquent !

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Les premiers véhicules-radars gérés par des sociétés privées commenceront à verbaliser lundi en Normandie. Ils seront généralisés sur tout le territoire à mi-2019.

Les automobilistes qui passent par la Normandie ont intérêt à surveiller leurs compteurs… à partir de lundi, les voitures qui circulent trop vite autour d’Evreux (Eure) vont être les premières flashées par des radars embarqués privatisés.

Voilà des mois que ces mitraillettes à flashs sont testées sans aboutir à des contraventions. La sécurité routière inaugurera lundi ce nouveau dispositif qui sera ensuite adopté département après département. « Toute la France sera couverte mi-2019 », confie-t-on à la Sécurité routière.

Une voiture bardée de capteurs

Bien malin qui saura distinguer ces voitures banalisées qui se fondront dans la circulation. Avant, on pouvait toujours espérer repérer le duo de gendarmes ou policier en uniforme, l’un au volant, l’autre chargé d’entrer sur une tablette la vitesse maximale autorisée sur le tronçon. Avec la privatisation, un unique chauffeur, salarié d’une société privée, fait sa « tournée ». L’itinéraire est fixé par la préfecture. La nouvelle voiture bardée de capteurs est capable de lire seule les panneaux de vitesse.

Au total, 3676 radars traquent les excès de vitesse

Un robot chargé d’estimer si l’on roule trop vite (avec une marge de 10%) ça donne froid dans le dos, non ? « L’ordinateur de bord croise ses données avec des cartes de l’institut national de l’information géographique et forestière (IGN), si les valeurs diffèrent, le système accordera le bénéfice du doute au conducteur », rassure la Sécurité routière.

De 2 millions à 12 millions de flashs par an

L’objectif est sans aucun doute de faire crépiter les flasheuses à l’heure où le nombre de morts sur la route ne baisse presque plus. De l’aveu même du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, les radars embarqués dans des véhicules conduits par des forces de l’ordre ne fonctionnent que 1h13 par jour en moyenne. Les confier au privé permettra de pousser jusqu’à 8 heures par jour. Le nombre de flashs pourrait donc passer de 2 millions à 12 millions par an !

« Une excellente nouvelle alors que rouler trop vite reste la première cause de la mortalité sur les routes et que c’est un facteur aggravant dans tous les accidents », estime Julien Thibault, président de l’Association victimes et citoyens. Ce membre du Comité national de la sécurité routière (CNSR) est très favorable au déploiement ces radars embarqués parce qu’ils « font peser la présomption de contrôle partout et visent les professionnels des excès de vitesse équipés de boîtiers ou d’applications pour localiser les radars fixes. »

Des couacs à Paris

40 Millions d’Automobilistes, au contraire, dénonce une « machine à cash ». Selon un document que nous avons pu consulter, l’association pro voiture a saisi le Conseil d’Etat pour faire annuler la privatisation des radars au motif que les services de police ne peuvent pas être sous-traités. Son délégué général refuse de commenter la procédure, mais s’emporte : « A partir du moment où l’on accole les mots radars et société privée, on ne peut plus prétendre qu’il ne s’agit pas de remplir les caisses de l’Etat. »

Une autre crainte est que cela génère des abus comme à Paris avec l’externalisation des amendes de stationnement. L’un des prestataires privés Streeteo est notamment accusé d’avoir réalisé des milliers de contrôles fictifs.

« Ce type de dérapage est impossible pour le contrôle vitesse, répond-on à la Sécurité routière. L’Etat garde la main, l’agent privé qui se contente de conduire le véhicule n’est évidemment pas payé au nombre de PV mais pour effectuer des itinéraires. » Le trajet est contrôlé en direct par la préfecture.



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