Scandaleux : extermination de milliers de lapins à Bordeaux

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Pour contrer la multiplication des lapins dans l’un des principaux parcs de la ville, la mairie de Bordeaux a lancé une vaste campagne pour les exterminer. Une décision ahurissante. La Fondation 30 Millions d’Amis – qui reproche à la ville de s’être complètement laissé dépasser par une situation qu’elle avait le devoir et la possibilité de maitriser – est en pourparlers pour faire cesser ce massacre.



Le parc bordelais était leur éden… c’est aujourd’hui devenu l’enfer pour les lapins qui y ont élu domicile. En cause ? Leur prolifération : le nombre d’individus ayant été multiplié par 3 en à peine quelques mois ! La municipalité – complètement submergée par cette surpopulation – s’est lancée dans une campagne d’extermination à grande échelle en employant un procédé des plus cruels :  le furetage, semblable au déterrage des blaireaux. Cette méthode consiste à lâcher des furets qui s’introduisent au fond des terriers pour débusquer violemment leurs occupants. « C’est une technique non sélective. Les chasseurs ne savent pas ce qu’il y a dans ces terriers. Qui nous dit qu’ils ne contiennent pas une maman avec des bébés ? Si des nouveau-nés se retrouvent blessés et sans leurs mamans, ils agonisent seuls », s’indigne Arnauld Lhomme, responsable du pôle enquête de la Fondation 30 Millions d’Amis. Une fois le lapin hors du terrier – quand le furet ne l’a pas tué à l’intérieur –, un « piégeur agréé procèdera aux opérations de destruction » indique froidement la mairie dans sa communication. Comprendre : les lapins seront abattus.

L’abandon de lapins par des particuliers à aggravé le problème

Une décision prise unilatéralement par la mairie, sans concertation avec les acteurs de défense des animaux au niveau local et national. « Le maire n’a même pas pris la peine de contacter une seule des associations luttant pour la protection animale…, regrette la Fondation 30 Millions d’Amis. Nous aurions pu envisager ensemble des mesures respectueuses des animaux et surtout, plus efficaces ! » Car une chose est sûre, la solution mise en place aujourd’hui n’est en rien pérenne, sauf à supprimer la totalité des lapins. Sans une campagne de stérilisation suivie, la situation à laquelle les autorités doivent faire face se reproduira.

Si cette prolifération a échappé à tout contrôle, c’est qu’elle est le résultat de plusieurs facteurs. En premier lieu l’absence de programme de stérilisation des populations de lapins de garenne qui peuplent le parc bordelais depuis des décennies. A cela s’ajoute les comportements d’irresponsables qui ont abandonné sur les lieux des lapins de compagnie, achetés en animaleries pour la plupart. Après une acquisition compulsive, ces particuliers, rapidement lassés par leur « achat », ont abandonné les pauvres bêtes dans le jardin public. Non stérilisés, ces derniers se sont alors reproduits en masse avec les lagomorphes déjà sur les lieux, contribuant à l’apparition d’une espèce semi-domestique qui pose aujourd’hui problème. On estime qu’une lapine peut mettre bas 5 à 6 fois durant l’année. Si l’on compte 6 lapins par portée, on peut vite se retrouver avec 30 nouveaux lapins en un an. Alors lorsque 1000 lapins peuplent un parc, il est évident qu’une surpopulation est vite arrivée !

L’action de la mairie de Bordeaux illégale




Pour enrayer le pullulement des lapins dans le parc bordelais, la municipalité s’appuie sur un arrêté préfectoral considérant le lapin de garenne comme nuisible en Gironde, donc chassable dans cette zone jusqu’au 31 mars 2019. Le hic, c’est que l’arrêté préfectoral concerne uniquement les lagomorphes sauvages. Comment une ville comme Bordeaux a pu envisager d’utiliser cet arrêté pour tuer des lapins domestiques ou semi-domestiques ? Une telle décision est injustifiable, y compris au regard de la loi ! L’abattage de ces espèces ne devrait donc pas avoir lieu et la Fondation 30 Millions d’Amis a contacté la municipalité pour le faire cesser instamment et envisager de considérer d’autres alternatives respectueuses du bien-être animal. La municipalité elle-même a reconnu avoir agi dans la précipitation : « Une étude a été commandée pour éviter que cette situation se reproduise », avoue Magalie Fronzes, adjointe au maire chargée de la nature en ville et des espaces verts… Ces lapins hybrides pourraient notamment être déplacés et/ou confiés à des associations de protection animale locales. Affaire à suivre…

Vous vous souvenez de l’émission TV 30 Millions d’Amis

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