Onze chevaux et des chiens morts : une centaine d’équidés saisis au « haras de la misère » à Cronat (71)

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Des cadavres d’équidés et de chiens ont été trouvés au haras de la Baulme, à Cronat, en Saône-et-Loire. Une centaine de chevaux ont été saisis.

« Je l’appelle le haras de la misère, les propriétaires sont des Thénardier », affirme Pauline Proriol, fondatrice de l’association de défense des équidés la Réserve. Jeudi 28 et vendredi 29 mars, la direction départementale de la Protection des populations (DDPP) est intervenue à Cronat, commune frontalière de la Nièvre, comme l’a révélé le Journal de Saône-et-Loire : cent trois chevaux ont été saisis au haras de la Baulme. Depuis le début de l’année, onze équidés y sont décédés. 




Sous-nutrition, excréments et blessures

Dans le haras, les animaux vivent dans des conditions épouvantables, selon l’association la Réserve. La plupart sont en sous-nutrition et certains sont blessés. « Cela doit faire un an que les chevaux crèvent la dalle au moins. Le rapport du vétérinaire était catastrophique. Des chevaux sont morts de faim. Le haras était d’une puanteur. La propriétaire est vétérinaire, mais n’a pas le droit d’exercer en France. Il y avait des médicaments partout au sol. »

En février, ils ont trouvé quatre cadavres de chevaux entassés les uns sur les autres.

« La DDPP est dessus depuis un an environ. Ils ont fait quelques passages et ont vu que les conditions de vie des chevaux se dégradaient. En février, ils ont trouvé quatre cadavres de chevaux entassés les uns sur les autres. Les propriétaires disposent de 170 hectares, ils avaient de quoi faire autre chose que d’empiler les cadavres ».

Des cadavres de chiens

Les chevaux ne sont pas les seuls animaux délaissés. Des cadavres de chiens sont retrouvés. Une vingtaine sont enfermés avec leur excréments. 



La Réserve a été mandatée par la DDPP et le procureur de la République de Saône-et-Loire pour prendre en charge la centaine de chevaux pendant trois mois, afin qu’ils soient vendus.  « C’est une saisie conservatrice. Les équidés restent sur place. C’est impossible de les déplacer à cause de leur état. »

C’est la première fois qu’on voit ça à cette échelle. On voit des chevaux morts tous les jours, mais là, c’est une grosse affaire.

Pauline Prioriol et le président de l’association vont faire le déplacement du Rhône jusqu’à Cronat trois fois par semaine, pour vérifier si les animaux ont de l’eau, de la nourriture et si les soins sont apportés aux animaux. Les autres jours de la semaine, ce sont des bénévoles de la Réserve qui iront sur place. « On va aussi les comptabiliser pour vérifier que les chevaux ne sortent pas. »

« C’est la première fois qu’on voit ça à cette échelle. On voit des chevaux morts tous les jours, mais là, c’est une grosse affaire. »

Depuis dix ans, l’association travaille pour avoir un réseau important. « On a déjà une centaine de personnes qui demandent comment aider. Nous avons été mandatés par la DDPP deux fois. Une fois pour 26 chevaux et l’autre pour 30. Cette fois-ci, c’est bien plus important. »

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