On va vers la fin du remboursement du traitement anti-Alzheimer

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Depuis plus de dix ans, la Haute Autorité de Santé (HAS) juge le traitement contre la maladie d’Alzheimer inefficace. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, devrait annoncer la fin de son remboursement la semaine prochaine. Un guide pratique a été publié vendredi pour proposer une alternative aux médicaments.

Les médicaments contre la maladie d’Alzheimer sont-ils inefficaces au point de ne plus les rembourser? Selon une information de Libération, la ministre de la Santé Agnès Buzyn doit annoncer, la semaine prochaine, l’arrêt du remboursement par la Sécurité sociale de ces remèdes.

Censés améliorer les troubles cognitifs et comportementaux liés à la maladie d’Alzheimer, les médicaments ont été jugés inutiles par la Haute Autorité de Santé (HAS) vendredi. Qualifiés d’«importants» pendant des années, le niveau d’efficacité de ces quatre médicaments n’a fait que chuter depuis plus de dix ans. Déjà en 2011, la HAS avait conclu que l’Ebixa, d’Aricept, l’Exelon et Reminyl présentaient un intérêt thérapeutique «faible». Ils auraient pourtant continué à être remboursés afin de préserver un lien entre le médecin traitant et le patient.




En 2016, la commission de transparence de la HAS a cette fois désigné la prise du traitement «sans aucun intérêt thérapeutique». Pourtant, malgré les preuves scientifiques, l’ancienne ministre de la Santé, Marisol Touraine, avait refusé de supprimer le remboursement de ces médicaments. «Je veux mettre en place un protocole de soins élaboré par les scientifiques en lien avec les associations», avait-elle affirmé en octobre 2016. Tant que ça ne sera pas fait, «la question du déremboursement ne peut et ne doit pas se poser», avait-elle ajouté. L’assurance-maladie a donc continué à rembourser à 100% les molécules.

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Difficile d’annoncer un tel changement aux patients et à leurs familles sans leur proposer de solution. Ce vendredi, un guide a justement été rendu public comme alternative aux médicaments. Ces fiches pratiques proposent la mise en place d’«un parcours de soins et d’accompagnement adapté» pour les patients.

«Les bénéfices de ces médicaments existent mais sont modestes et ne sont pas suffisants par rapport aux risques (d’effets indésirables, ndlr) encourus par les patients», a expliqué jeudi le Pr Thuillez, selon qui l’amélioration de la prise en charge voulue par la HAS «va rendre des services bien meilleurs» que les médicaments. La prise en charge non médicamenteuse «améliore l’état des patients sans effets indésirables», a-t-il souligné.

Les objectifs de ce guide: diagnostiquer plus tôt, assurer une bonne coordination entre tous les acteurs du soin (médecins traitants, gériatres, infirmiers, acteurs psychosociaux…) et soutenir les aidants. «Ce guide est très attendu sur le terrain», a affirmé lors d’une conférence de presse Dominique Le Guludec, qui a succédé à la tête de la HAS à la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

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