L’Everest, la poubelle d’altitude ?

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En 2017, les alpinistes ont redescendu de l’Everest près de 25 tonnes de déchets solides et 15 tonnes de déchets humains. Beaucoup ne les rapportent pas.

L’être humain laisse sa trace jusque sur le toit de notre planète. Tentes fluorescentes, équipements d’escalade jetés, bouteilles d’oxygène vides et excréments : la neige sur les flancs de l’Everest est jonchée de détritus. En 2017, les alpinistes sur le versant népalais ont ainsi rapporté près de 25 tonnes de déchets solides et 15 tonnes de déchets humains, selon une étude du Sagarmatha Pollution Control Committee (SPCC) relayée par l’Agence France-Presse, dimanche 17 juin. Cette saison, des quantités encore plus grandes ont été redescendues.

C’est dégoûtant, un spectacle répugnant. La montagne est polluée par des tonnes de déchets.

Depuis l’émergence des expéditions commerciales dans les années 1990, la fréquentation du sommet de 8 848 mètres d’altitude a explosé. Rien que pour la haute saison de printemps cette année, au moins 600 personnes s’y sont hissées. La guerre des prix entre les opérateurs a ouvert l’Everest à des pratiquants de moins en moins rompus à la haute montagne, ce qui aggrave le problème de l’empreinte écologique, estime l’alpiniste Damian Benegas. Car les sherpas doivent porter l’équipement des grimpeurs néophytes et « ne sont pas en mesure de descendre des poubelles », estime ce vétéran de l’Everest. Pour pallier ce problème, il appelle les agences à embaucher davantage de travailleurs de haute montagne.




Descendre les poubelles

Depuis cinq ans, le Népal requiert une caution de 4 000 dollars par expédition, qui est remboursée si chaque alpiniste redescend au moins huit kilos de déchets. Mais seule la moitié des alpinistes redescend les montants requis, d’après le SPCC. Pour Pemba Dorje Sherpa, le principal problème est l’insouciance des visiteurs. D’autant plus que des responsables officiels peuvent fermer les yeux contre un petit pot-de-vin, affirme-t-il.

Il n’y a juste pas assez de surveillance dans les camps hauts pour s’assurer que la montagne reste propre.

Selon Ang Tsering Sherpa, ancien président de l’Association d’alpinisme du Népal, une solution serait de monter des équipes dédiées à la collecte de détritus. Son opérateur Asian Trekking, qui met en avant le côté écologique de ses expéditions, a ainsi ramené 18 tonnes de déchets au cours de la dernière décennie, en plus des 8 kilos par marcheur. « Ce n’est pas un travail facile. Le gouvernement doit motiver des groupes à nettoyer et appliquer les règles plus strictement », dit-il.



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