Les chiens guides d’aveugles ne sont pas les bienvenus partout !! Désolant

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Les associations de chiens guides, qui regroupent les maîtres aveugles qui ont tant besoin d’eux, montent au créneau. L’an dernier, près de 90 refus ont été enregistrés, alors que la loi autorise ces animaux à pénétrer dans tous les lieux publics.

Quand Michel Rossetti est monté dans un bus, son labrador Icare, à ses côtés, le conducteur s’est emporté : « Ah, non, vous ne rentrez pas ! » D’un ton calme, Michel explique : « Je suis aveugle, c’est un chien guide. » Mais, loin de s’excuser, le conducteur s’emporte : « Si tout le monde fait comme vous… Ce n’est pas une ménagerie ici ! », peste-il.

En colère, le retraité ne cédera pas. La loi est claire. « Ça fait trente ans que l’on a le droit d’aller dans tous les lieux publics avec notre chien. Sur le coup, j’ai préféré ne rien dire puis j’ai écrit à la société de transport », raconte ce vice-président de la fédération française des associations de chiens guides, qui a perdu la vue, il y a trente ans, à cause d’un décollement de la rétine.

Mi-mai, c’est Emmanuel, malvoyant qui a dû renoncer à pénétrer dans un supermarché de Beauvais (Oise). Impossible de faire ses courses sans Linux, son fidèle compagnon. « Preuve que la législation reste encore mal connue, regrette Michel, qui a déjà été refusé d’un cinéma.

« On veut juste rentrer partout, comme tout le monde »

Peur de l’hygiène, d’une éventuelle morsure… Malgré la loi, les difficultés d’accès, voire les refus, restent fréquentes. Ainsi, en 2017, 88 cas ont été recensés par l’Association nationale des maîtres de chiens guides d’aveugles alors que la France compte 1 500 maîtres de ces toutous d’exception qui aident ces hommes à se déplacer, sans se heurter à une moto mal garée, une poubelle plantée sur un trottoir, à indiquer, grâce à leur museau, une place libre dans le métro.

« C’est la liberté, lance, euphorique, la vice-présidente Bernadette Pilloy. Attention, pas de misérabilisme ! On veut juste rentrer partout, comme tout le monde et qu’on nous fiche la paix ! » Si cette maman de 5 enfants précise que la loi est de mieux en mieux connue, et les obstacles, moindres, elle a déjà été refusée d’un centre de jeux, il y a cinq ans. Un souvenir douloureux : « J’ai entendu : Moi vivant, jamais un chien ne rentrera ici. Ma petite fille, qui était là, s’est mise à pleurer. Je me suis sentie très humiliée. »

Recalé d’un bar… puis du commissariat

Parmi les interdictions d’entrée, 17 ont été signalées, l’an dernier, dans des restaurants, 13 dans les transports, mais aussi 7 dans des administrations… « Un jour, l’un de nos membres a été recalé d’un bar du côté de Reims (Champagne-Ardenne), il a alors voulu porter plainte et là… les policiers ont refusé qu’il rentre dans le commissariat ! »

Et la situation s’est aussi déjà présentée dans un centre hospitalier, à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) : « On a exprimé nos regrets, c’était de la méconnaissance, nous explique-t-on du côté de la direction. En 2017, 9 refus ont été prononcés, dans des cabinets de santé. Et le pire, selon Bernadette, « c’est arrivé, la plupart du temps, chez… des ophtalmologues ! »



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