La dresseuse de Nemo le chien des époux Macron convoquée à un entretien préalable à licenciement

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Céline Ravenet, directrice du refuge de la SPA d’Hermeray, est dans le viseur de sa hiérarchie. Ultime épisode d’une crise qui affecte l’institution.

La directrice du refuge de la SPA d’Hermeray, dans les Yvelines, a été convoquée mardi à un entretien préalable à licenciement. Céline Ravenet est connue pour avoir choisi Nemo, le croisé griffon-labrador du couple présidentiel. C’est également elle qui avait gardé le chien des Macron pendant leurs vacances au ski cet hiver. Bénévole depuis l’âge de 13 ans, Céline Ravenet, dont le refuge place environ 1 000 chiens par an, est très affectée par cette procédure disciplinaire, d’après plusieurs membres de son entourage.

Selon nos informations, sa hiérarchie lui reproche d’avoir « dissimulé » l’euthanasie, depuis 2014, d’une dizaine de chiens dangereux, non seulement pour les salariés du refuge mais également pour de potentiels futurs adoptants. La directrice d’Hermeray n’aurait pas respecté la stricte procédure, très compliquée à mettre en œuvre, et qui prévoit notamment des analyses comportementales par un vétérinaire à plusieurs semaines d’intervalle.

« Virer quelqu’un comme Céline, ce serait juste de la folie »

Or les refuges débordent et le personnel peine à se concentrer sur les animaux qui ont un espoir d’être placés dans une famille d’accueil. Pour une poignée de cas extrêmes, la directrice du refuge aurait donc eu recours à un vétérinaire qui aurait endormi les chiens hors procédure. Avant de les faire sortir du centre, sur les registres administratifs, comme s’ils avaient été adoptés.

« Céline connaît ses animaux et est très appréciée. Elle ne se cache pas de protéger ses salariés et les adoptants de chiens qui sont des dangers publics », lance Alain Lambert, rédacteur en chef du Journal de la protection animale. « Je visite une cinquantaine de refuges par an, ajoute-t-il. Je donne toujours Céline en exemple. » Et le « poil à gratter » de la SPA, comme il se définit lui-même, de conclure : « Virer quelqu’un comme elle, ce serait juste de la folie. »

À la SPA, les têtes tombent

Très populaire, Céline Ravenet avait été recommandée aux Macron par Claude Chirac, qui avait adopté son chien au refuge des Yvelines. Solidaires, les salariés d’Hermeray, qui lui ont apporté leur soutien, ont quant à eux été convoqués au siège de la SPA, à Paris. En interne, on murmure que l’énergique directrice pourrait avoir trop pris la lumière, avec l’adoption de Nemo. Le sujet avait en effet suscité des frictions avec sa direction, notamment avec la présidente de la SPA, Natacha Harry, qui nous informe qu’elle ne souhaite pas faire de commentaire.

Un de ses conseillers nous fait tout de même savoir que la situation est « grave ». Mais dément toute crise avec les départs et licenciements qui se sont enchaînés ces derniers mois. « Céline était quelqu’un que la SPA aimait bien et respectait, ce n’était pas un mouton noir du tout, affirme une source proche de la présidente, qui, tout en affirmant qu’aucune sanction n’a encore été décidée, parle d’elle au passé. Pour les autres, c’était un problème plus général de loyauté à un président élu. » En l’occurrence, Natacha Harry.

La SPA réfute la crise

Les « autres » ? Éric Gaftarnik, le secrétaire général de la SPA, qui a claqué la porte au mois de mars. « La maison ne fonctionne plus d’une façon normale, sa présidente devient omnipotente et je ne veux pas cautionner ce qui se passe », a-t-il confié au Monde. Deux ans auparavant, c’est Jean-Benoît Sangnier, le directeur général, qui était licencié pour une remarque sexiste et un « comportement déloyal », raconte le quotidien du soir. L’homme a finalement obtenu gain de cause devant les prud’hommes.

En février, son successeur, Joël Pain, a quant à lui été mis à pied, une fois encore pour un comportement sexiste, selon la direction. Le 12 mars dernier, Le Monde, toujours, révélait que le directeur administratif et financier ainsi que la directrice juridique de la SPA étaient également sur la sellette. Si tous pointent du doigt la dérive autoritaire de Natacha Harry, elle s’en défend. Le 7 mars, la présidente avait obtenu le soutien unanime de son conseil d’administration pour licencier le directeur général, conclut Le Monde dans un article intitulé « La purge à la direction de la SPA continue ».



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