La Corée du Sud s’interroge sur l’avenir de ses fermes de chiens

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Près d’un million de chiens sont consommés chaque année dans le pays. Un parlementaire vient de déposer un amendement pour interdire ce type d’élevage.

Suite aux Jeux Olympiques de Pyeongchang, qui avait ranimé, dans certains médias étrangers, le débat sur le commerce de la viande de chiens en Corée du Sud, un parlementaire sud-coréen issu du parti minoritaire Bareunmirae, Lee Sang-don vient de déposer un amendement à la loi qui encadre actuellement le travail des fermes de chiens destinés à la consommation dans le pays. L’élu de centre droit souhaite modifier le texte qui régit les élevages de bétail afin d’éliminer les chiens de la liste des animaux concernés par cette loi.

Pour l’instant, cette industrie s’organise à la lisière entre différentes réglementations parfois contradictoires. Ainsi, les éleveurs ont, selon le ‘Livestock Industry Act’, le droit de générer des profits par l’élevage de différents types de bétail, dont les chiens.




Par contre, le ‘Livestock Processing Act’, qui régule la transformation des viandes, n’inclut pas les chiens dans les produits concernés. Du fait de ce flou juridique, cette viande ne peut pas être intégrée aux réseaux de distribution traditionnels de l’agroalimentaire et son commerce se fait de manière directe entre les fermes et les restaurants la proposant à leurs menus. Il est ainsi légal de travailler cette viande tant que les chiens ne sont pas tués dans des espaces publics ou devant d’autres chiens.

3.000 fermes

L’association de protection des animaux ‘Animal Liberation Wave’ estime que 3.000 petites fermes élèvent encore, dans le pays, des chiens pour leur viande malgré la chute régulière de la consommation de ce produit. Elle tuerait chaque année près d’un million d’animaux.

Selon la mairie de Séoul, le nombre d’établissements servant du chien – des endroits connus sous l’appellation de ‘bosintang’- aurait chuté de 528 en 2005 à 329 en 2014 avec l’évolution des comportements.

Si la consommation de chien reste assez populaire chez les hommes plus âgés, qui louent ses vertus favorables à leur virilité, elle n’est guère en cours chez les clients les plus jeunes ou chez les femmes. Un sondage réalisé en début d’année par l’institut Hankook Research montrait que 81 % des Sud-Coréens interrogés n’avaient pas consommé de viande de chien dans les douze mois précédents. Selon l’étude, 46 % de la population se dirait ‘opposée’ à cette forme d’élevage. 18,5 % des habitants y seraient toujours favorables quand 35,5 % s’estimeraient ‘réservés’.

De puissants lobbies

Si le dépôt d’un amendement pourrait alimenter le débat dans le pays, il est peu probable qu’il soit rapidement adopté. Les lobbies agricoles, toujours très influents sur la scène politique sud-coréenne, intervenant toujours régulièrement pour assurer la survie de cette activité.

Il y a deux semaines, ils avaient ainsi organisé une manifestation devant le Parlement, dans le centre de Séoul, pour appeler à un respect de leurs droits. Ils rappellent aussi régulièrement la dimension culturelle de leur activité et notent que le débat sur ce sujet délicat est souvent plus vif en Occident, où cette viande n’est plus consommée, que sur la péninsule. En Asie, la consommation de chien est légale dans plusieurs autres pays, notamment en Chine et au Vietnam.



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