Invasion de punaises diaboliques : « on ne s’en débarrassera pas comme ça »

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Venue d’Asie, Halyomorpha halys a été repérée dans toute l’Europe. En France, aucune région n’est épargnée, surtout pas l’Alsace, théâtre de ses premiers exploits en France… ni la région parisienne ou Bordeaux. Les signalement se multiplient. Et les moyens de lutte ne sont pas encore au point.

Bien au chaud chez vous, elles patientent. Et selon les régions et les températures, commencent à revenir… Le printemps signera leur grand réveil. S’il vous arrive d’en repérer, c’est que vous les avez dérangées dans leur léthargie. Ou qu’une source de chaleur inattendue les a ravivées. Ce qui est sûr, c’est qu’elles sont bien là. Et pour longtemps. « En fonction de la météo, on s’attend à une vraie explosion », explique Jean-Claude Streito, spécialiste de Halyomorpha halys« Il suffit d’un printemps chaud et sec comme en Italie en 2017… »



Reconnaissables à leur carapace marbrée, les punaises diaboliques, ou asiatiques car originaires de Chine, ont pris patte en Europe par la Suisse en 2004. Elle serait probablement arrivée cachée dans du matériel pour un jardin oriental. Mais le problème c’est qu’il en arrive continuellement« Elles voyagent très bien, cachées dans des trains, des containers, explique le chercheur à l’Inra, l’institut national de la recherche agronomique. Elles n’ont pas besoin de plantes. On en a repéré beaucoup dans les voitures qui arrivent d’Asie par bateaux. »




Et celles qui sont déjà présentes s’épanouissent. Les signalements se multiplient, via l’application AGIIR. Plus de 2.000 depuis octobre 2018, contre une centaine par an en moyenne depuis le lancement de l’enquête. « Difficile de savoir s’il s’agit d’un engouement pour l’application suite à la médiatisation ou une explosion de la population, confie Jean-Claude Streito. Pour moi il y a un peu des deux. Cela nous a permis d’identifier formellement un cas de punaise diabolique à Lille. Et les foyers importants, à Strasbourg, Bordeaux et surtout Paris.« 

Menace sur le Nutella

Les enjeux sont avant-tout économiques. Rappelons que la punaise asiatique n’est pas dangereuse pour l’homme, en règle générale. Mais elle représente une vraie menace pour certaines cultures. Aux Etats-Unis, où la bestiole est présente depuis les années 90 déjà, elle provoque de gros dégâts, et la lutte chimique traditionnelle se révèle inefficace. En Europe, c’est l’Italie qui est aux premiers rangs.

La punaise diabolique attaque volontiers pommes, poires ou pêches, et, plus surprenant, kiwis et noisettes. Et c’est peut-être de là que viendra le salut. Les pouvoirs publics restent pour l’instant sourds aux appels du pied des chercheurs, l’Europe tarde à mettre au point un programme de surveillance et d’expérimentation de lutte. Mais les intérêts privés sont eux bien sensibles à la cause.

Ainsi, un certain géant de l’agroalimentaire, Ferrero, pour ne pas le nommer, fabrique sa célèbre pâte à tartiner à base de noisettes italiennes ou turques. En Italie, la punaise a déjà causé de gros dégâts. Et on vient justement de signaler la présence des premières punaises asiatiques en Turquie. De quoi accélérer quelque peu les recherches sur le sujet…

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