Doubs : déclaré mort par son vétérinaire, Oscar le chien « ressuscite »

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Par le plus grand des hasards, Samia Khaoua a retrouvé son chien chez une inconnue, alors qu’elle avait, la veille, donné son accord pour l’euthanasier. Elle porte plainte contre la clinique vétérinaire, qui se défend, tout en reconnaissant une faute.

D’un côté, ce document et cette facture frappés du tampon de la clinique vétérinaire de Pirey, qui atteste de l’euthanasie d’Oscar le 28 juillet 2018. De l’autre, le même Oscar, diminué mais heureux, allongé comme un roi dans son panier, une collerette en guise de couronne… Nous sommes alors le 1er  août, trois jours après sa « mort » supposée !




Comment en est-on arrivé là ? L’histoire de cet énergique Malinois de 6 mois est rocambolesque. « Tout a commencé en début de semaine dernière, quand Oscar a voulu sauter de son enclos et est resté coincé. On l’a retrouvé blessé et très diminué en rentrant le soir et on l’a amené chez le vétérinaire de garde. Il avait tellement mal qu’on ne savait pas comment le transporter, on a fini par fabriquer un brancard avec un transat », débute Samia Khaoua. La santé d’Oscar se dégradant malgré les soins apportés pendant deux jours, sa propriétaire finit par l’amener, le jeudi, à la clinique vétérinaire de Pirey, réputée pour sa qualité.

« Ils l’ont perfusé, soigné et gardé en observation pendant 48 heures, puis j’ai reçu un appel le samedi matin. » À partir de là, les récits divergent. Samia affirme que la vétérinaire lui a fortement suggéré « de prendre une décision » compte tenu de l’infection généralisée dont souffrait son toutou, quand la clinique, à l’inverse, donne une tout autre version (lire ci-dessous).

Un improbable concours de circonstances

Samia Khaoua raconte avoir pris le temps de la réflexion, avant de « faire ce qu’elle avait à faire », de peur « qu’Oscar ne souffre trop ». Elle se rend à la clinique, signe les papiers nécessaires et règle les 195 € demandés, sans chercher à assister à ses ultimes instants. « Je ne pouvais pas le supporter », explique-t-elle, « j’étais en colère de ne pas avoir pu le sauver. »

Hasard ? Chance ? Destin ? Le lendemain en discutant avec un maître-nageur de la piscine de Rioz, où elle travaille, Samia tombe des nues : l’homme lui explique que sa compagne a justement récupéré un Malinois de 6 mois blessé à la clinique de Pirey… Samia se rend au domicile de cette femme, qui voulait en réalité soigner et sauver ce chien. Tatouage 233KHL dans l’oreille. Aucun doute : Oscar venait de ressusciter. « Un gros choc », forcément, pour Samia et ses trois fils.

« On ne fera pas de cadeau »

« J’ai porté plainte. On ne fera pas de cadeau. Moi, je cherche à comprendre ce qui s’est vraiment passé et si d’autres gens sont dans le même cas que moi », attaque cette patronne d’entreprise de sécurité. « Elle est très affectée », prolonge son avocate Me Tournier, « deux volets sont envisageables, le pénal et le civil. Une enquête de gendarmerie est en cours, on ne néglige aucune piste. »

Aujourd’hui, Oscar a été recousu par un autre vétérinaire et semble aller mieux. Il a retrouvé mardi sa maison d’Émagny, où était organisé, hier soir, un barbecue. « Pour fêter sa résurrection », glisse Samia, partagée entre sourire et rancœur.



« Cela partait d’un bon sentiment », nuance la clinique de Pirey

La position de la direction de la clinique de Pirey est claire : « Nous reconnaissons une erreur. Une ancienne assistante jugeant que ce chien n’avait pas à être euthanasié a voulu essayer de le sauver, et a convaincu la vétérinaire. Mais ça partait d’un bon sentiment car la propriétaire, qui n’est d’ailleurs pas la propriétaire formelle du chien, ne voulait plus s’en occuper. » Il est possible pour un vétérinaire de refuser une euthanasie si celle-ci n’est pas médicalement justifiée, mais cette décision doit suivre une procédure transparente et particulière. Ce qui n’a pas été le cas ici.

« Cette dame ment quand elle dit qu’on lui a conseillé de l’euthanasier », précise néanmoins la vétérinaire en charge du suivi d’Oscar, « je ne m’attendais pas à ce qu’elle nous demande de le faire, car son chien avait bien récupéré. Il n’était pas condamné. Mais ce qui la gênait, c’était le risque qu’il ne puisse pas remarcher. Au fond de moi, je n’avais pas envie de l’euthanasier, mais j’allais le faire… Mon assistante, et une ancienne assistante de la clinique qui nous rendait visite à ce moment-là, étaient outrées. L’ancienne assistante m’a alors demandé de donner une chance au chien en le lui confiant pour le week-end, et j’ai eu un instant de faiblesse. J’ai dit oui. C’était une faute, je m’y suis très mal pris. » Dimanche passe. Le lundi, les responsables de la clinique sont informés de la rocambolesque situation, mais faire machine arrière est exclu : Samia Khaoua sait depuis la veille que son chien n’est pas mort et entend porter plainte. Oscar, lui, est sauvé.

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