Profitant d’un mois de septembre chaud et humide, les moustiques sont toujours aussi présents… et ça pourrait encore durer. Le moustique-tigre, lui, continue de progresser toujours plus au nord.

Ils ont attaqué à l’heure de l’apéritif samedi soir, alors que Jean-Claude profitait en short et tee-shirt de la douceur de l’été indien sur une terrasse de La Ciotat (Bouches-du-Rhône). Avant que les moustiques ne s’en prennent à ses chevilles, il a juste eu le temps de remettre la main sur la bombe répulsive dont il s’était servi tout l’été. Comment imaginer qu’il utiliserait encore ce produit au début du mois d’octobre, alors que l’automne sonne généralement le glas de leur présence à nos côtés ?

« On a enregistré ces derniers jours des cas de prolifération inhabituelle dans le Sud-Ouest, en région Rhône-Alpes et dans le Sud-Est, reconnaît Stéphane Robert, créateur du site Vigilance moustiques. Il faut dire que les moustiques ont profité d’un cocktail favorable avec de grosses chaleurs, ponctuées d’épisodes de pluie, qui ont permis à des générations de moustiques de proliférer. » Pharmacien à Montélimar (Drôme), Gilles Bonnefond s’est lui-même fait piquer. « Je n’ai jamais vu une saison à moustiques aussi longue et aussi chargée en insectes, confie le praticien. J’espère que le coup de froid va les calmer. »

Nuits douces et journées estivales

Car c’est bien la chaleur persistante du mois de septembre et de ce début d’octobre qui a permis aux larves de proliférer, elles qui se développent idéalement quand il fait 23 °C en journée et 15 °C la nuit. « Plus il fait chaud, plus les générations de moustiques se renouvellent rapidement, explique l’entomologiste Pascal Dupont, responsable du pôle connaissance des espèces au Muséum d’histoire naturelle. Or, on a connu en septembre beaucoup de nuits très douces et des journées vraiment estivales. » Idéal pour qu’une femelle, qui pond en moyenne 60 à 150 œufs, donne naissance en l’espace de quinze jours à une génération vivace de nouveaux moustiques.

« Même à Strasbourg, il y en a encore mais il faut savoir que ceux qui nous piquent à la maison ont généralement été élevés dans nos jardins, explique Stéphanie Blandin, directrice d’une unité de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et spécialiste des moustiques. Il suffit d’une gouttière humide bouchée ou d’un fond d’eau dans une soucoupe de pot de fleurs pour que les larves s’y épanouissent. »

Résistants aux insecticides

Déloger les moustiques est devenu un vrai casse-tête pour les autorités sanitaires qui scrutent avec inquiétude la progression constante du redouté moustique-tigre, longtemps cantonné dans le sud de l’Hexagone. « Comme ils s’adaptent aux températures plus froides, ils prolifèrent de plus en plus vers le nord du pays, explique Sarah Merkling, chercheuse spécialiste des moustiques à l’Institut Pasteur (Paris XVe). Nous n’avons malheureusement pas beaucoup de moyens de les contrôler car ils deviennent très vite résistants aux insecticides et leur prolifération augmente les risques de transmission de maladies comme la dengue ou le chikungunya. »

Alors que les insectes achevaient généralement leur infernal buzz à l’arrivée des premiers coups de froid, Stéphane Robert affirme que la saison des moustiques est devenue ces dernières années « de plus en plus longue » : « Il n’est pas rare d’en apercevoir désormais en novembre ou décembre en milieu urbain car ils trouvent suffisamment de chaleur pour survivre et d’eaux stagnantes dans le métro, les caves ou les parkings pour se développer. »

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