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Depuis 1950 de ce pont, des dizaines de chiens se jettent dans le vide ??? Pourquoi !

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Depuis les années 1950, une cinquantaine de chiens ont sauté du pont Overtoun, en Écosse. Des dizaines en sont morts. Plusieurs théories s’affrontent : scientifiques, vétérinaires et autres comportementalistes canins se sont penchés sur le phénomène, sans trouver de réponse définitive.

Mais que se passe-t-il sur ce pont écossais, pour qu’autant de chiens aient tenté de s’y « suicider » ? Surplombant le cours d’eau Overtoun Burn, l’ouvrage de granit de 1895 permet l’accès au manoir d’Overtoun House, à Milton, en Écosse. Un lieu bucolique propice à la promenade.

Mais en l’espace de cinquante ans, 50 chiens (les journaux anglais The Sun et Huffington Post évoquent même le chiffre astronomique de 600) s’y sont jetés dans le vide, pour retomber 15 mètres plus bas. La plupart en sont morts, et tous auraient sauté à peu près du même endroit (un des côtés), par beau temps.

Chutes de 15 mètres

Forcément, l’intrigante histoire a beaucoup fait parler d’elle en Écosse et dans le monde, mais à ce jour, aucune des théories avancées pour expliquer ce mystère ne s’est totalement imposée.

L’inexplicable se produit lorsque des personnes promènent leur chien sur le fameux pont. À l’instar de Kenneth Meikle, qui témoigne dans le quotidien britannique Daily Mail en 2006 : « Je me promenais avec ma compagne et nos enfants, lorsque brusquement, le chien a sauté. » Par chance, leur golden retriever, Hendrix, s’en est tiré, malgré la lourde chute.

Le chien de Donna Cooper, Ben, un border-collie, a eu moins de chance, en 2005 : « Sa patte, sa mâchoire, son dos étaient brisés. Le vétérinaire a décidé que ce n’était pas la peine de prolonger ses souffrances et qu’il fallait le laisser partir » Les témoignages abondent, les explications aussi.

Les chiens se suicident-ils ?

Évidemment, les moins rationnels évoquent le côté paranormal de l’affaire, l’influence du manoir, « hanté » par ses anciens propriétaires, tout en rappelant la triste histoire de cet homme qui avait jeté son enfant du pont, en 1994… D’autres recherchent des explications plus solides.

D’abord, de façon générale, les chiens peuvent-ils être sujets au suicide ? Le Dr David Sands, psychologue, comportementaliste canin et expert judiciaire, s’est penché sur la question, dans un article publié sur le site de sa clinique du comportement animal, en Angleterre, mis à jour en mars. Pour lui, la réponse est limpide : « Non. Il est impossible pour un chien de préméditer sa propre mort. »

Joyce Stewart, une autre comportementaliste, est du même avis. Elle ajoute, dans le Sunday Herald : « Les chiens sont tout à fait capables de jauger les hauteurs desquels ils peuvent sauter en sécurité. »

David Sands a tenté de trouver une autre explication : l’attraction du bruit du cours d’eau, d’une illusion d’optique ? Le magnétisme des pylônes électriques ? Pour en avoir le cœur net, il est allé sur place, et a retraversé le pont avec le seul chien rescapé encore en vie, Hendrix, pour déterminer quel sens, mis en éveil, « surstimulait » l’animal, lui imposant de sauter : la vue ? « Non, tout ce que le chien voit, ce sont les parapets en granit. Restent l’ouïe et l’odorat. »

Une théorie rationnelle

Des experts acoustiques sont venus, pour tenter de dénicher des sons audibles des chiens, mais pas des humains. Sans succès. David Sexton, spécialiste de l’habitat animal de la RSPB (une fondation internationale de protection de la nature) a, lui, fait une trouvaille plus intéressante : au pied du pont il a découvert des traces de souris, de visons et d’écureuils.

Les odeurs émises par les trois espèces ont ensuite été testées sur dix chiens : 7 d’entre eux se sont précipités sur celle de vison. Alors, le responsable serait le vison et le fumet émis par ses puissantes glandes anales ? Au moins la théorie a le mérite de bien coller avec plusieurs critères : par beau temps, l’odeur n’est pas altérée. De plus, les visons, introduits dans les années 1920 en Écosse, ont commencé à se multiplier à partir des années 1950… époque où les « suicides » ont commencé.

Pour David Sands, la raison qui ferait sauter les chiens du pont serait un cocktail d’odeurs, renforcé par la topographie du lieu, l’absence de vision pour le chien et la tendance des maîtres à se pencher sur le parapet pour observer le cours d’eau.

Si aucune des théories échafaudées n’a pu jusque-là être démontrée, celle de l’odeur émise par les visons qui attire irrépressiblement les chiens, a au moins le mérite d’être la plus rationnelle.



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