CSG, PENSIONS… LES RETRAITÉS ONT-ILS VRAIMENT RAISON DE SE PLAINDRE ?

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Dépités par la hausse de la CSG et la désindexation des pensions, les seniors s’estiment sacrifiés par Emmanuel Macron. Pourtant, tous ne seront pas perdants.



Eh bien, voilà au moins un dossier sur lequel Emmanuel Macron peut se targuer de faire l’unanimité : selon un sondage Ifop réalisé au mois de septembre dernier, 95% des Français estiment que les retraités sont les principaux perdants de sa politique. Et dans la population concernée, le pourcentage grimpe à 98% ! Même en Corée du Nord, où les bulletins électoraux sont préremplis, on assiste rarement à de tels raz-de-marée…

Quand on sait que les personnes âgées constituent le principal socle électoral du chef de l’Etat (27% des plus de 65 ans lui ont donné leur voix au premier tour et 74% au second), on mesure le désastre de ce désamour majuscule pour le président de la République. La bonne nouvelle, c’est qu’il lui reste un peu plus de trois ans pour essayer de réparer les dégâts – il a déjà fait savoir qu’il allait «arrêter d’emmerder les retraités». La mauvaise, c’est qu’il va devoir souquer comme un galérien pour y parvenir.

Car les tempes grises ont vraiment l’impression de s’être fait dépouiller comme dans un bois par le jeune homme qu’elles ont élu. L’institut de conjoncture OFCE semble d’ailleurs leur donner raison. Selon ses calculs, 62% de nos aînés auraient subi cette année une perte de pouvoir d’achat, de 320 euros en moyenne. Et à l’horizon 2020, ce sont 80% d’entre eux qui devraient y laisser des plumes. Après une vie de travail, merci pour le cadeau !

En mars dernier, plusieurs milliers de seniors défilaient déjà avec sur leur pancarte cette promesse cinglante : «Les retraités s’en souviendront dans l’isoloir.» Depuis, les choses se sont aggravées et le ton est encore monté d’un cran. «Je peux vous assurer que le mécontentement va augmenter », prévient Pascal Santoni, de la CGT retraités. «Aucune nouvelle annonce ne sera à même d’apaiser notre colère», renchérit Ombretta Frache, son homologue de la CFDT. Les coups de canne vont pleuvoir.




On ne voudrait pas donner tort à cette militante, ni d’ailleurs aux experts de l’OFCE, mais les simulations que nous avons nous-mêmes fait réaliser avec les cabinets Optimaretraite et Sapiendo donnent une image beaucoup moins tranchée de la réalité. Et, nous allons le voir, nettement moins catastrophique pour les plus âgés. Certes, la majorité d’entre eux a bel et bien pris en pleine figure la hausse de 1,7% de la CSG au 1er janvier 2018. A la différence des actifs – salariés, fonctionnaires, indépendants –, ils n’ont en effet bénéficié d’aucune contrepartie sous forme de baisse de cotisation, si bien qu’ils sont les seuls à avoir souffert de la situation. Comme si ça ne suffisait pas, Edouard Philippe a annoncé six mois plus tard qu’il avait décidé de désindexer les pensions. En 2019 et 2020, leur revalorisation sera limitée à 0,3% par an, alors que l’inflation devrait osciller entre 1,3 et 1,6%.

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