Complétement ivre, il ferme la portière de sa voiture sur la laisse de son chien et le traîne sur près de 8 km

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À la barre du tribunal de Chartres, un homme de 33 ans comparaissait, mercredi 11 septembre, pour récidive de conduite en état alcoolique et acte de cruauté envers un animal domestique. Pensant que son chien se trouvait à l’arrière de sa voiture, il avait refermé la portière sur la laisse, le chien à l’extérieur. Traîné sur près de 8 km, l’animal n’a pas survécu.

Les faits

Le 11 avril, le maire de Gouillons alerte les gendarmes. Il est accompagné de deux habitants de la commune lorsque, en fin d’après-midi, son attention est attirée par une voiture stationnée sur le bas-côté de la route. Dans son témoignage recueilli par les gendarmes, l’élu explique qu’à l’intérieur du véhicule, un homme semble endormi. Mais surtout, une laisse dépasse de la portière arrière droite, dans laquelle elle est coincée. Au bout de la laisse, sur la route, un chien, un staffordshire bull-terrier, est allongé, mort.

Lorsque les gendarmes arrivent, ils réveillent l’homme, affalé entre les deux sièges avant. Il est visiblement très alcoolisé. L’homme est conduit à la gendarmerie. L’éthylomètre est formel : il possède 2 g d’alcool dans le sang.

« Qu’est-ce qu’il s’est passé ? », interroge le président d’audience du tribunal correctionnel.



Le magistrat tente de lui rafraîchir la mémoire : « Nous avons le témoignage d’un habitant de Gommerville, à 8 km de Gouillons, qui assure vous avoir vu vous arrêter, sortir votre chien et repartir en trombe, le chien attaché au bout de sa laisse à la portière de la voiture. »

Le prévenu, jugé pour récidive de conduite en état alcoolique et acte de cruauté envers un animal domestique, tente de rassembler ses souvenirs : « Pour moi, j’étais certain que mon chien était remonté dans la voiture et qu’il était sur la banquette arrière. Je ne lui aurais jamais fait de mal. » À la barre du tribunal de Chartres, l’homme, âgé de 33 ans, paraît sincère. « J’aimais mon chien. Il s’appelait Tuco. Je l’ai eu tout petit et je l’ai gardé lorsque nous nous sommes séparés avec mon amie. »

Les réquisitions

Au cours de leur enquête, les gendarmes ont remarqué des traces de sang fraîches, sur la route, tout au long des 7,6 km qui séparent Gommerville de Gouillons. L’homme se défend d’avoir volontairement voulu faire du mal à son chien. Une thèse contestée par la procureure de la République et par les avocats des quatre associations de défense des animaux qui se sont constituées partie civile : « Ce n’est pas possible que ce ne soit qu’un accident. Il l’a fait exprès. »
La procureure de la République réclame six mois de prison ferme et l’annulation du permis de conduire du prévenu.

En défense, Me Auriane Libéros-Reboud soutient la thèse de l’acte involontaire : « Ce qu’il s’est passé est atroce. Mais il aimait son chien. Il n’avait pas l’intention de commettre ces faits-là. » Elle demande la relaxe de son client pour l’infraction d’acte de cruauté envers un animal domestique.

Le tribunal a mis sa décision en délibéré. Elle sera rendue mercredi 18 septembre. 

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