Chagrins d’amour : «La thérapie par propranolol arrive en France»

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Sophie Elise Bellaïche, psychologue, spécialiste des traumatismes, a suivi la formation « thérapie de la reconsolidation » dispensée par Alain Brunet.

Au cabinet parisien de Sophie Elise Bellaïche, le chagrin d’amour est « un motif de consultation très courant ». Alors, la psychologue a suivi la formation « thérapie de la reconsolidation » (avec propranolol) dispensée en janvier par Alain Brunet. Elle s’apprête à l’utiliser pour deux patientes.

Un chagrin d’amour, est-ce si grave ?

SOPHIE ELISE BELLAÏCHE. Cela dépend des antécédents familiaux, psychiques de la personne concernée ou encore de sa capacité de résilience. Il n’y a pas de règles. Pour certains, cela peut être extrêmement dévastateur avec des conséquences sociales, professionnelles, familiales. Il ne faut jamais dire à quelqu’un en souffrance « oh ça passera », « ce n’est pas grave ». Pour elle, ça l’est.



Peut-on s’en relever ?

Oui ! C’est très important de le dire aux patients. Cela demande parfois un travail psychique important. Il faut comprendre pourquoi on vit avec une telle violence la rupture ou la difficulté dans le couple. Il existe déjà plusieurs thérapies. Celle de la reconsolidation (NDLR : avec le propranolol) est une nouvelle approche intéressante. Même si la cause du chagrin n’est pas un événement traumatique, comme un attentat, les conséquences qui peuvent être liées recouvrent une bonne partie des critères cliniques du stress post-traumatique.

Allez-vous utiliser le propranolol ?

J’ai une patiente qui vient d’apprendre que son compagnon la trompe depuis trois ans. Elle est dans un état de traumatisme : elle tremble, se retourne dans la rue, est envahie d’images, est en très grande autodévalorisation. Les symptômes permettent d’envisager de mettre en place le protocole d’Alain Brunet. Je m’apprête aussi à le faire pour une autre patiente, qui a été victime d’une agression par deux hommes encagoulés.

N’y a-t-il pas un risque de tout médicaliser ?

Attention, on parle avant tout d’une thérapie qui est associée à un médicament. Il ne s’agit pas d’aller chez son généraliste et de demander du propranolol. C’est une pratique supervisée par un professionnel. Il y aura des discussions entre experts, et cela est normal. D’ailleurs, tout le monde ne peut y prétendre. Il y a des contre-indications médicales (hypertension, grossesse…). Ce n’est pas un traitement miracle mais un outil de plus pour le patient.

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